Millau capitale du parapente

Redécouverte d’un vieil article de la presse locale  (2009)

Si la capitale des grands causses, Millau, fait partie du « top ten » des grands sites de parapente en France, ce n’est pas tout à fait le fruit du hasard. L’éperon rocheux de la Pouncho-d’Agast, qui s’élève à 841 mètres et qui domine la sous-préfecture du sud Aveyron, a vu l’essor depuis la fin des années « 70 » des adeptes du deltaplane et ensuite du parapente.

Aujourd’hui, Millau est indissociable de cette activité et les jours sont rares où on ne voit pas une voile dans le ciel de la Cité du gant. Impossible aussi, lorsqu’on se promène à Millau, de ne pas voir la noria des minibus emportant vers la Pouncho ou Brunas (autre aire de décollage) leur lot d’élèves venus ici apprendre à devenir plus léger que l’air et à défier les lois de l’apesanteur.

Mais c’est avant tout une histoire d’hommes amoureux de ce sport et de cette région qui est en grande partie responsable de la notoriété du lieu. Il faut dire que tous les grands noms du parapente sont, un jour, passés par Millau. Certains ont inscrit leur nom dans la légende, d’autres sont définitivement restés sur place et ont développé tout un pan non négligeable de l’économie en créant des écoles qui fonctionnent toute l’année. En période estivale, plus de quinze pilotes assurent encadrements de stages, mais aussi baptêmes de l’air pour découvrir sans risque un paysage fort qui embrasse à quelque mille mètres d’altitude, gorges du Tarn, de la Dourbie et, en fond de ville, le viaduc de Millau. Plus de trois cents stagiaires par semaine s’initient donc à Millau avant de voler de leurs propres ailes. Si quelques structures ne fonctionnent qu’en période estivale, ce sont pourtant 90 % des professionnels de ce sport qui vivent toute l’année à Millau et ont créé au sein de la ville un esprit et une ambiance attractifs pour qui veut s’initier aux sports de pleine nature. Sur les aires de décollage, pros aguerris et débutants se côtoient sans problème car le site permet, quel que soit son niveau, de voler à sa mesure. Et tout cela, comme le soulignent bien des professionnels, en toute quiétude car « ici, on est collègue avant d’être concurrent ». Ce qui ne semble pas être le cas partout. Voilà peut-être aussi une des clefs du succès de ce sport à Millau.

stage initiation de parapente à Millau

Portrait.

Rencontre avec Roland Thurel, parapentiste confirmé. 

« Les vols sont sans risque »

À 49 ans, Roland Thurel fait partie des pilotes les plus respectés sur Millau. 10 000 heures de vol au compteur et un respect certain qui lui est dû de sa connaissance, non seulement des plus subtils arcanes du parapente, mais aussi du lieu. Roland est un pilote « historique ».

Il débute en 1985, devient pro en 1987 et vient à Millau en 1990 effectuer une compétition. Il ne quittera pas la ville et va y établir son école de pilotage. « Millau est connu dans toute l’Europe pour les possibilités offertes aux parapentistes. En 1993 j’ai racheté Évasion vol libre et ensuite, je me suis associé avec un confrère et nous avons créé Azimut Évasion », explique-t-il.

D’un calme et d’une maîtrise à toute épreuve, Roland sait mettre en confiance. « Le parapente est une activité récente. Pour beaucoup, elle est associée à risques. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui. La technologie actuelle et l’expérience acquise permettent d’effectuer des vols sans risques. Quotidiennement, nous décollons en parapentes biplaces avec des personnes de tous âges », assure-il.

Gestes sûrs, rassurant, Roland fait figure de sage.  Comme quoi l’on peut être une référence sans pour autant avoir la grosse tête.

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